18 années à l’école

Après un ultime semestre estudiantin, j’aurai vécu dix-huit ans à l’école. J’ai aimé ces années. Pas tant pour la qualité des leçons enseignées : personne n’est assez naïf pour penser qu’on aime l’école à la faveur des programmes scolaires. Des cours on ne retient rien.

On n’est marqué que par la beauté et la laideur. Entre les deux, il y a la médiocrité, si présente qu’on ne la remarque pas assez pour l’imprimer. D’où la rareté des souvenirs associés aux heures pourtant si longues passées en classe. Il y a les bribes de ces professeurs dont la beauté passionnée rayonnait sur le discours. Il y a les autres si repoussants qu’ils dégoutaient l’audiance de leur matière. Deux tours de force guère différents.

J’ai aimé ces années. Il n’y a pas de fondement rationnel à l’amour. Je ne pense pas que l’école rende les gens meilleurs. C’est la bienveillance normée des personnes avec lesquelles on y vit qui à le pouvoir d’élever. Un enseignant, c’est-à-dire le plus souvent, un être humain ayant le désir de transmettre et d’éduquer un enfant, fait toujours preuve d’un minimum de bienveillance. C’est elle qui, plus que la connaissance qu’il cherche à partager, à le pouvoir de rendre meilleur.

A l’école, j’ai certainement appris à faire des connexions neuronales plus rapides. Mais s’il y a du bien, il ne vient pas du cerveau. On n’est de bien que ce que l’on peut aimer. Autrement dit, on n’est de bien qu’à la mesure des liens que l’on peut créer. Il n’y a pas de fondement rationnel au bien.